Perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques : comment limiter son exposition au quotidien ?

Chaque matin, sans forcément y penser, nous utilisons plusieurs produits cosmétiques : gel douche, shampoing, déodorant, crème hydratante… Pris séparément, ils semblent anodins. Ensemble, ils participent pourtant à notre exposition quotidienne à de nombreuses substances chimiques, dont certaines sont suspectées d’agir comme des perturbateurs endocriniens.

On entend de plus en plus parler des perturbateurs endocriniens…

Faut-il pour autant jeter toute sa salle de bain ?

Probablement pas.

En revanche, comprendre où ils se trouvent et comment réduire progressivement son exposition est une démarche de prévention pertinente.

Marie-Charlotte Seguin, pharmacienne de terrain et enseignante auprès de 900 étudiants en pharmacie, le rappelle régulièrement à ses patients en pharmacie et sur LinkedIn, où elle décrypte avec rigueur et pédagogie la composition des médicaments et des cosmétiques. Son message est clair : certaines substances présentes dans nos produits du quotidien interfèrent avec nos hormones.

En résumé

savon Mellifera

En résumé

✔ Les perturbateurs endocriniens peuvent être présents dans certains cosmétiques.

✔ C’est l’exposition répétée qui préoccupe davantage que l’utilisation ponctuelle d’un produit.

✔ Une routine simple et des compositions lisibles permettent déjà de réduire son exposition.

✔ Il n’est pas nécessaire de tout changer du jour au lendemain.

Qu'est-ce qu'un perturbateur endocrinien ?

Les perturbateurs endocriniens sont des substances capables d’interagir avec notre système hormonal. L’Organisation Mondiale de la Santé les définit comme des substances chimiques susceptibles de modifier le fonctionnement du système endocrinien et d’entraîner des effets néfastes sur la santé.

Nos hormones interviennent dans de nombreuses fonctions : croissance, fertilité, sommeil, métabolisme, humeur, immunité. Le sujet est donc pris très au sérieux par la communauté scientifique.

baume bien être et massage

Où les trouve-t-on ?

déo et baume à lèvre

Les cosmétiques ne sont pas la seule source d’exposition. On les retrouve aussi dans les plastiques, l’alimentation, les emballages, les textiles et les produits ménagers.

Mais les cosmétiques constituent une exposition quotidienne, répétée, appliquée directement sur la peau.

une crème

un shampoing

un parfum

un déodorant

Pris séparément, chaque produit paraît anodin. C’est surtout l’effet cumulatif qui interroge.

Cela ne signifie pas que tous les cosmétiques contiennent des perturbateurs endocriniens, ni qu’ils présentent tous le même niveau de risque. La réglementation européenne encadre strictement les substances autorisées et évolue régulièrement au regard des connaissances scientifiques.

(Cet été 2026, j’ai dû travailler avec le toxicologue qui suit mes produits pour remettre à jour toutes les étiquettes et compositions car la réglementation a évolué et il fallait mettre à jour la liste des allergènes.)

Pourquoi parle-t-on de "cocktail chimique" ?

Chaque produit respecte généralement la réglementation en vigueur. Mais personne n’utilise un seul cosmétique. Une personne peut appliquer chaque jour un gel douche, un shampoing, un soin visage, un déodorant, un parfum, un maquillage. L’organisme est donc exposé à de nombreuses molécules différentes, simultanément.

Certaines études montrent qu’en réduisant simplement le nombre de produits utilisés et en choisissant des formulations plus simples, l’exposition à certaines substances diminue significativement.

déodorant Marante sans parfum

Faut-il avoir peur ?

Non. La peur est rarement une bonne conseillère. L’objectif n’est pas de créer de l’anxiété, mais de faire des choix plus éclairés. Quelques changements progressifs peuvent déjà faire une différence.

Comment limiter son exposition ?

cosmétiques artisanaux

Choisir des formules courtes. Moins une liste INCI comporte d’ingrédients, plus elle est généralement lisible et compréhensible.

Éviter les produits inutilement parfumés. Le parfum est souvent composé de nombreuses molécules. Lorsqu’il n’est pas indispensable, choisir un produit sans parfum ajouté est une bonne alternative, notamment pour les peaux sensibles.

Simplifier sa routine. Les réseaux sociaux présentent parfois des routines en dix étapes. La peau n’a pas forcément besoin de quinze produits différents. Une routine simple est souvent suffisante et plus efficace.

Privilégier des cosmétiques à la formulation transparente. Un savon saponifié à froid, composé d’huiles végétales et de quelques ingrédients soigneusement sélectionnés, constitue souvent une alternative intéressante aux produits très transformés. L’important reste toujours de regarder la composition plutôt que les promesses marketing.

Savoir lire une composition

L'éclairage de Marie-Charlotte Seguin, pharmacienne

Apprendre à lire une liste INCI est probablement le meilleur réflexe à acquérir. Il ne s’agit pas de devenir chimiste, mais de reconnaître les ingrédients principaux, les parfums, les colorants et certains conservateurs. Petit à petit, cela permet de devenir acteur de ses choix, pas toujours facile à faire…

Marie-Charlotte Seguin, pharmacienne et enseignante universitaire, suit de près ces questions dans sa pratique quotidienne. Elle décrypte sur LinkedIn la composition des cosmétiques et des médicaments avec un souci constant de pédagogie et d’accessibilité pour partager de l’information fiable.

Elle résume sa position ainsi : “Je répète souvent à mes patients qu’une routine ‘minimaliste’ protège mieux qu’une routine saturée de marketing.”

Un conseil simple, ancré dans la réalité du comptoir, qui rejoint les recommandations de nombreux professionnels de santé.

Pour conclure

Nos cosmétiques font partie de notre quotidien. Ils participent aussi à notre exposition globale à certaines substances. Sans tomber dans la peur ni dans les discours alarmistes, adopter une routine plus simple, mieux choisie et plus transparente est probablement l’un des meilleurs leviers disponibles.

Moins de produits, mais mieux formulés : c’est peut-être la meilleure définition d’une cosmétique responsable.

À La Savonnerie du Gâtinais, cette logique guide chaque formule : compositions courtes, ingrédients tracés et identifiables, sans parfum de synthèse. Les huiles essentielles sont présentes uniquement quand elles sont justifiées et clairement signalées quand elles sont absentes (Capraë, Mellifera, HOP, Natura, Maranta et le baume L’Arnica de Frémigny) ces produits sont également dans la catégorie “cosmétiques sans huiles essentielles”.

Pour suivre Marie-Charlotte Seguin et bénéficier de ses éclairages sur la composition des cosmétiques et des médicaments, retrouvez-la sur LinkedIn.

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