Le lait de chèvre de La Doudou : ce que j'achète, ce que je fabrique, et pourquoi votre peau vous remerciera
Il y a des courses que je fais avec plaisir, et aller chez mes fournisseurs comme La Doudou, à Cheptainville, en font partie.
Avant d’y aller, j’appelle toujours. Pas par politesse mais par nécessité : le lait de chèvre dépend des saisons, et en ce moment, en mars, beaucoup des chèvres viennent de mettre bas. La production reprend, les fromages reviennent, et le lait frais est à nouveau disponible. Mais rien n’est jamais garanti à l’avance, c’est la règle du circuit court, et je l’accepte volontiers.
Parce que ce que je ramène de là-bas, ça ne ressemble à rien de ce qu’on trouve ailleurs.
La Doudou : bien plus qu’un fournisseur
Si vous ne connaissez pas L’élevage de La Doudou, je vous le dis tout de suite : c’est la visite à faire avec les enfants dans le sud Essonne. Un lieu unique, une ferme-musée où les animaux sont partout et la bienveillance aussi. On y sent quelque chose de rare et touchant : une attention portée aux bêtes, aux gens, aux choses bien faites.
Et pendant que je récupère mon lait de chèvre, j’en profite pour faire mes courses. Fromage blanc, faisselle, œufs, une sélection de fromages de chèvre et de vache variés, des légumes de saison, des produits maraîchers. Bio, local, traçable. C’est exactement la logique que j’applique à mes savons, alors autant l’appliquer aussi à ma table !
La Doudou est labelisée Made in Essonne — comme La Savonnerie du Gâtinais. Deux structures du même territoire, avec les mêmes valeurs. Ce n’est pas un hasard si j’ai choisi de prendre le lait de chèvre là bas
Ce que le lait de chèvre change dans un savon
Quand on parle de savon au lait de chèvre, deux questions reviennent systématiquement : est-ce vraiment plus doux ? Et pour qui ?
La réponse courte : oui, et pour beaucoup de monde.
Le lait de chèvre contient naturellement des acides gras à chaîne courte qui pénètrent facilement dans les couches superficielles de la peau. Il est riche en vitamines A, B2, B12, C et D, et son pH naturel est proche de celui de la peau humaine, aux alentours de 4,5 à 5,5.
En saponification à froid, ces propriétés sont préservées (contrairement aux procédés industriels à haute température qui dénaturent les ingrédients actifs).
Concrètement, ça donne un savon crémeux, à la mousse onctueuse, qui nettoie sans dessécher.
Pour quelle peau ?
Pour les peaux sensibles et atopiques, c’est souvent une révélation. Le lait de chèvre apporte un effet apaisant naturel et renforce la barrière cutanée fragilisée. Les personnes qui souffrent d’eczéma, de psoriasis léger ou de réactivité cutanée chronique trouvent souvent dans les savons au lait de chèvre une alternative supportable là où les autres savons (même naturels) les irritent.
Pour les peaux normales, le bénéfice est plus subtil mais réel : une sensation de confort après le lavage, une peau qui ne “tire” pas, une mousse qui enveloppe plutôt qu’elle n’agresse.
Capraë et Monardaë : deux savons, deux caractères
Le lait de chèvre de La Doudou et l’huile de caméline de l’éco-ferme des mille et une feuilles entre dans deux de mes savons. Ils partagent la même base, et pourtant ils sont très différents.
Le savon Capraë est formulé sans huile essentielle. C’est le savon de la douceur pure, adapté aux peaux les plus sensibles, aux enfants, aux personnes qui réagissent aux parfums naturels. Capraë, c’est le diminutif latin de “capra” : la chèvre. Le nom dit tout.
Le savon Monardaë est plus complexe. Même base lait de chèvre et d’huile de caméline, mais avec de la monarde — une fleur étonnante et très parfumée que vous pouvez découvrir à La Grande Rouge à Milly-la-Forêt. La monarde apporte une couleur chaude et un parfum naturel légèrement épicé et fleuri. C’est un savon qui a du caractère, qui plaît aux peaux normales à mixtes qui cherchent quelque chose d’un peu différent.
Les deux sont saponifiés à froid dans mon atelier à Bouray-sur-Juine, à quelques kilomètres de La Doudou. La distance entre la chèvre et le savon fini ? Cinq ou six, grand maximum.
Mars : la saison du lait
Je le disais en introduction, j’appelle avant d’y aller. En mars, les chèvres ont mis bas et la production de fromages a repris. C’est le bon moment pour récupérer du lait frais, mais c’est aussi le moment où il est le plus disputé entre la fromagerie et mes commandes.
Cette saisonnalité, je la respecte. Elle signifie que Capraë et Monardaë ne sont pas des savons que je peux produire en continu toute l’année en appuyant sur un bouton. Leur disponibilité dépend d’une chèvre, d’un élevage, d’une saison. C’est une contrainte et c’est aussi exactement pourquoi ils valent ce qu’ils valent.
En ce moment, je fabrique. Les savons partiront en cure pendant quatre semaines avant d’être disponibles à la vente.
Pour aller plus loin :
Découvrir le savon Capraë, lait de chèvre et huile de caméline
Découvrir le savon Monardaë, lait de chèvre et monarde
Géraldine Mollé — Artisan-savonnière, fondatrice de La Savonnerie du Gâtinais
Géraldine Mollé
Artisan-savonnière, La Savonnerie du Gâtinais Bouray-sur-Juine, Essonne